Communication sur la température de référence de 19°C (Toulouse, octobre 2012)

Voici la présentation et le résumé d’une communication que j’ai faîte lors des 1ères journées internationales de sociologie de l’énergie (programme), qui se sont tenues à Toulouse le 25 et 26 octobre 2012.

Les ménages choisissent-ils leur température de chauffage ? De l’injonction des 19°C au système d’action thermique

Présentation en PDF

Résumé :

Le choix d’une température de chauffage par les ménages s’est imposé depuis quelques années comme un grain de sable dans la mécanique subtile de la performance énergétique dans l’habitat. Cette question  de la température est généralement abordée sous un angle normatif, l’injonction des 19°C prenant la triple forme de prescription comportementale, de règle de droit, et de standard technique. L’objectif de cette communication est de proposer une approche plus descriptive des comportements liés au chauffage, qui se base sur le concept de « pratiques thermiques ». A partir d’enquêtes de terrain réalisées auprès de locataires en appartement, nous démontrerons que l’approche des 19°C repose sur trois hypothèses qui ne résistent pas à l’examen des faits.

D’abord, l’idée que les ménages choisiraient librement la température alors que les usages du chauffage apparaissent comme limités par des dispositifs techniques, des dispositions individuelles et des dynamiques sociales. En réalité, la température est moins un choix que le résultat des contraintes associées à une situation sociotechnique particulière. Ensuite, la vision normative des 19°C présuppose que les besoins thermiques sont uniformes tandis que l’observation met en lumière une grande variabilité en fonction des individus et des processus sociaux, mais aussi des pièces de l’appartement comme le confirme la statistique. Enfin, la focalisation sur la température de chauffage occulte toutes les autres ressources du confort thermique relevant de la sobriété énergétique. La prise en compte de ces pratiques thermiques, liées au corps, à la circulation de l’air, et aux détournements de la chaleur, s’avère essentielle car elles forment système avec les usages du chauffage et questionnent l’idéologie du « chauffage central » héritée des Trente Glorieuses.

Interview Radio Classique sur la température de référence 19°C (Octobre 2012)

Quelques unes de mes idées sur les 19°C ont fait l’objet de la chronique « 3 minutes pour la planète » de Marie Astier sur Radio Classique.

Vous pouvez réécoutez cette chronique ici : Radio Classique 22.10.2012

Petite précision : ce n’est pas que la température de référence « n’est pas applicable », c’est qu’elle ne l’est pas partout et par tous !

Gaëtan Brisepierre

Thèse de sociologie sur les économies d’énergie dans les logements collectifs (2008 – 2011)

Les conditions sociales et organisationnelles du changement des pratiques de consommation d’énergie dans l’habitat collectif

  • Dirigée par Dominique Desjeux, Université Paris Descartes,
  • Financement CIFRE – GDF Suez,
  • Soutenue à la Sorbonne en Septembre 2011.

Résumé (2 pages)
Synthèse (8 pages)
Manuscrit (847 pages)

Cette thèse de sociologie est une élucidation des problèmes concrets posés aux acteurs par les économies d’énergie dans l’habitat collectif. Elle repose sur une démarche de recherche inductive menée à partir d’enquêtes de terrain auprès d’habitants et de professionnels de l’habitat et du chauffage. L’idée centrale est de montrer comment, au delà des facteurs techniques et économiques, la consommation d’énergie dans l’habitat est une construction sociale et organisationnelle. A partir d’une description ethnographique des pratiques domestiques entraînant une consommation d’énergie, et plus particulièrement des pratiques de chauffage, elle montre que les marges de manœuvre des habitants au niveau de l’espace domestique sont limitées par de nombreuses contraintes. L’analyse organisationnelle de la gestion du chauffage en HLM et de la rénovation énergétique en copropriété fait apparaître les conflits d’intérêt entre les acteurs professionnels au sujet des économies d’énergie. Une véritable réduction des consommations d’énergie devient possible quand les habitants ont la possibilité de participer aux choix collectifs concernant leur immeuble.