Etude sociologique sur les campagnes de sensibilisation aux économies d’énergie basées sur les données de consommation

Avec l’arrivée programmée des compteurs communicants, la question se pose de savoir si les nouveaux services de suivi des consommations d’énergie vont permettre un changement de comportements des ménages vers plus d’économie ? Pour répondre à cette question nous avons réalisé, à la demande de l’ADEME et de GrDF, une étude sociologique sur les campagnes de sensibilisation aux économies d’énergie qui mettent à disposition des participants des données de consommation réelles. Je me suis associé avec deux autres sociologues de l’énergie, Jean-Philippe Fouquet et Christophe Beslay, afin de croiser nos expertises et de réaliser simultanément plusieurs terrains d’enquête.

La recherche porte plus particulièrement sur la campagne Famille à Energie Positive (concours de sobriété énergétique entre familles), ainsi que sur des démarches menées en HLM (installation d’un système d’affichage des consommations sur la TV, accompagnement à l’entrée dans un BBC avec plateforme web). A chaque fois nous avons interviewé les porteurs de ces campagnes, mais surtout les ménages participants afin d’éclairer la contribution de ces dispositifs aux dynamiques de changement de comportement. Nous sommes également allés à la rencontre des décideurs territoriaux  (bailleurs sociaux et collectivités locales) pour comprendre comment l’accès à des données consommations agrégées pourrait prendre part à la transformation de leurs pratiques et les aider à mener la transition énergétique.

La synthèse de l’étude permet d’en saisir les grandes résultats sur :

  • l’accompagnement des ménages qui ne peut se limiter à la fourniture d’information mais doit reposer sur trois piliers (cognitif, matériel et social) pour être efficace.
  • le suivi des consommations qui reste difficile à appréhender pour les ménages car l’information est difficile d’accès, abstraite et trop globale.
  • les leviers du changement de pratiques qui montre l’importance du rôle des femmes, des interactions entre pairs et du ludique, des apprentissages techniques, de l’inscription matérielle des nouvelles habitudes…
  • le besoin de nouveaux métiers dans l’accompagnement des usages de l’habitat, ce qui représente un coût trop souvent considéré comme annexe par rapport aux coûts technologiques.
  • la demande des décideurs territoriaux de disposer des données de consommation agrégées pour mieux orienter et évaluer leurs investissements en matière de MDE.

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  1. Merci cher Gaëtan pour cette nouvelle étude !

    Je me disais bien que les chiffres étaient loin d’être suffisants pour faire changer le quotidien des Français… Cette synthèse permet d’asseoir des éléments fondamentaux qui sont d’être évidents pour ceux qui décident.

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