Séminaire le 11/12 : Recherche appliquée en SHS et acceptabilité du développement durable

Sous l’impulsion de Jérôme Boissonade, j’organise un séminaire sur le thème de la recherche appliquée en SHS, qui aura lieu le jeudi 11 décembre à la Sorbonne à Paris de 10h à 16h30.

Depuis quelques années, le réseau Approches Critiques du Développement Durable (ACDD) propose un séminaire qui interroge le paradigme de l’acceptabilité sociale, largement dominant chez les acteurs du domaine. Cette séance du 11 décembre souhaite partir des travaux de recherche appliquée menés sur l’énergie et l’environnement ces dernières années pour savoir dans quelle mesure ils permettent aux acteurs de dépasser cette lecture du changement social. Autrement dit, la séance pose la question de l’acceptabilité sociale de la sociologie pour les organisations en prises avec la transition énergétique et écologique.

La séance accueillera des chercheurs exerçant dans des contextes variés (entreprise, institution publique, libéral, association…) mais travaillant tous sur le « développement durable », et notamment l’énergie, dans une optique de recherche appliquée. Ils livreront moins les résultats de leur recherche que leur expérience de chercheur sur un mode narratif en s’attardant sur les conditions d’exercice, les modalités de réception, les effets sur la décision dans l’organisation, et enfin rétroaction sur les pratiques de recherche et l’identité. La séance sera enrichie par la présence de Dominique Desjeux qui jouera le rôle de discutant après chaque intervention, et une large place sera accordée aux échanges avec la salle.

Matin : 10h-12h30

Delphine LABBOUZ- HENRY, doctorante en psychologie sociale de l’environnement à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense et chargée de missions R&D au Groupe Elithis : « Développer une approche psychosociale dans un bureau d’études spécialisé dans l’efficacité énergétique des bâtiments »

Sylvaine LE GARREC, Sociologue-urbaniste, Association des Responsables de Copropriété : « Pratiquer la recherche-action en sociologie dans une association de défense des copropriétaires impliquée sur les économies d’énergie »

Après-midi : 14h – 16h30

Chantal DERKENNE, sociologue à l’ADEME : « Une décennie de recherche appliquée en sociologie dans une institution publique chargée de l’environnement et de l’énergie »

Gaëtan BRISEPIERRE, sociologue indépendant ; Stéphane LABRANCHE sociologue-politologue, Vincent RENAULD, ingénieur-sociologue : « Réception par les professionnels et les décideurs des enquêtes sociologiques sur des projets urbains : controverses et appropriation »

Appel à communications : « Les sociétés contemporaines à l’épreuve des transitions énergétiques »

Les 2èmes journées internationales de sociologie de l’énergie (site officiel des JISE2) se tiendront à l’Université de Tours du 1er au 3 juillet 2015. Le comité d’organisation dont je fais partie vient de lancer l’appel à communications et de mette en ligne une vidéo expliquant les raisons de ce colloque scientifique. Il souhaite rassembler les chercheurs et les acteurs qui réfléchissent aux dimensions sociologiques de « la transition énergétique » afin de donner à voir un panorama des recherches actuelles, et de permettre une interpellation croisée des problématiques scientifiques et des dilemmes de l’action. Plusieurs partenaires nous ont déjà apportés leur soutien, et nous attendons désormais les propositions de communication afin de bâtir le programme.

L’appel à communications est ouvert à toutes les recherches en sciences humaines et sociales, réalisées ou en cours, qui s’intéressent aux changements sociaux autour de l’énergie. Plusieurs axes de réponses sont proposées :

  • Méthodologie / prospective / réflexivité
  • Politiques publiques et territoires
  • Bâtiments et mode d’habiter
  • Transports et mobilité
  • Socio-économie de l’énergie
  • Travail et groupes professionnels
  • Engagement / mobilisation / concertation / empowerment
  • Energie et anthropologie visuelle

Les propositions de communication doivent tenir sur une page et être envoyées avant le 15 novembre 2014 à l’adresse suivante : jise@univ-tours.fr. Elles seront examinées par le comité scientifique avant la fin de l’année 2014 et les communicants sélectionnés auront à remettre le texte de leur intervention avant le 31 mai 2015.

 

« L’impensé des usages » avec Catherine Grandclément et Vincent Renauld (Juin 2014)

Dans son n°7, le magazine Millénaire 3  publie un dossier sur le « Bâtir vert » qui comporte un article que j’ai coécrit avec deux autres sociologues : Catherine Grandclément et Vincent Renauld. Ce papier revient sur le problème de la prise en compte des usages dans les bâtiments performants, à la lumière de nos enquêtes sociologiques menées sur différents bâtiments du Quartier de Bonne à Grenoble (1er écoquartier français). Toutes aboutissent au résultat que l’atteinte d’objectif ambitieux en matière de consommation d’énergie passe par une coopération avec les utilisateurs qui suppose une démarche de médiation socio-technique pour trouver des compromis entre leurs besoins et les modalités de conception du bâtiment et de fonctionnement des systèmes techniques.

Lire ou télécharger l’article : Brisepierre (coll.), « L’impensé des usages », Millénaire 3, n°7, Printemps/ Été 2014

A un niveau plus personnel, cet article représente une réponse aux critiques qui avaient été formulées a propos de ma monographie sur l’un des immeubles de la Caserne de Bonne s’inscrivant dans un travail de recherche plus large sur l’appropriation des BBC pionniers. Les critiques portaient principalement sur la validité de résultats issus d’une enquête qualitative comportant un petit nombre d’entretiens, ainsi que sur la portée politique du discours sociologique accusé de « justifier l’inertie des comportements ». D’une part, l’article de M3 permet de mettre en lumière la robustesse des résultats à travers la convergence entre plusieurs enquêtes menées de manière indépendante les unes des autres. D’autre part, il montre que l’écoute de l’expérience des usagers est une partie de la solution car elle permet de trouver des pistes pour dépasser la vision techniciste de la transition énergétique qui est aujourd’hui confrontée à une impasse.

NB : Vincent Renauld a récemment publié sa thèse sous forme d’essai Fabrication et usages des écoquartiers

Radio : Service Public sur la rénovation énergétique (7 avril 2014)

L’émission Service Public de France Inter du 7 avril 2014 était consacrée à la rénovation énergétique des logements. Pour la première fois le sujet des copropriétés, qui pose des questions spécifiques, a été mis en avant. Guillaume Erner m’a invité a en parler, en compagnie de Florence Clément de l’ADEME, de Thomas Laurenceau de 60 Millions, et de Marc Tombez de Geo PLC. Durant l’émission un reportage est également consacrée à une copropriété de Palaiseau qui est accompagnée par l’équipe du cabinet Alluin et Mauduit.

Lien vers le site de l’émission

Pour télécharger ou réécouter l’émission :

 

L’ADEME publie une synthèse de l’étude sur les campagnes de MDE et l’impact des données de consommation

L’ADEME a choisit de consacrer sa dernière lettre Stratégie et Etudes (Février 2014) aux résultats de l’étude sociologique menée au printemps 2013 sur les campagnes locales de sensibilisation à la MDE. J’ai réalisé cette étude en collaboration avec BESCB (Christophe Beslay et Thibault Vacher)  et ETIcS (Jean-Philippe Fouquet) en réponse à un appel d’offre de GrDF et l’ADEME. J’avais publié il y a quelques temps un billet qui résume les grands résultats et propose un lien vers une synthèse légèrement plus complète que celle proposée par l’ADEME.

En valorisant cette étude au moment du déploiement des compteurs communicants et des services d’affichage des consommations, l’ADEME souhaite rappeler que la fourniture d’information ne suffit pas à changer les comportements des ménages pour aller vers plus d’économie d’énergie. En revanche, l’information sur les données de consommation s’avère être un outil très efficace si elle s’insère dans un dispositif plus global d’accompagnement au niveau local jouant sur plusieurs leviers du changement (matériel, cognitif, social).

 

Synthèse des recherches en sociologie sur la consommation d’énergie du bâtiment (décembre 2013)

A la demande de l’ADEME, j’ai réalisé une synthèse des recherches en sociologie réalisées ces dernières années sur la maîtrise des consommations d’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires. Il ne s’agit pas d’un état de l’art scientifique mais plutôt d’un document de vulgarisation qui se propose de valoriser les résultats saillants des dernières études disponibles auprès des acteurs de la transition énergétique.

  • Le bilan des connaissances est organisé autour de 14 thèmes avec pour chacun d’entre eux une synthèse de 2-3 pages et une bibliographie interactive pour approfondir.
  • La dernière partie offre des perspectives à la fois sur les évolutions possibles de la sociologie de l’énergie ainsi que des pistes de recherche.

Télécharger la synthèse : Analyse sociologique de la consommation d’énergie dans le bâtiment (50 pages)

Je souhaite insister ici sur le fait que ce document est une production collective. Tout d’abord à travers le travail des chercheurs dont les publications ont été mobilisées pour écrire les synthèses. Ensuite par les entretiens avec des « utilisateurs » de la sociologie de l’énergie qui m’ont aidé à dresser les perspectives. Enfin grâce au concours de l’ADEME (Chantal Derkenne et Pierre Douillard) qui a souhaité et soutenu ce travail.

Etude sociologique sur la décision de rénovation énergétique en copropriété (thèse 2011)

Afin de faciliter la lecture de la thèse que j’ai soutenue en 2011 « Les conditions sociales et organisationnelles du changements des pratiques de consommation d’énergie dans l’habitat collectif » je vous propose de retrouver son contenu dans des documents séparés plus faciles à appréhender. Chaque partie de ma thèse correspond à une étude à part entière avec une enquête de terrain sur un sujet spécifique. Le document que vous pouvez retrouver ci-dessous est la deuxième partie de la thèse qui porte sur les les jeux d’acteur et le processus de rénovation thermique dans les copropriétés.

Télécharger la partie sur la décision de rénovation en copropriété (211 pages)

Résumé

Cette partie de la thèse aborde la question de la décision de travaux d’économie d’énergie à travers des cas de copropriétés avant-gardistes déjà engagées dans cette démarche. Elle met en lumière que les syndics n’ont pas intérêt à s’investir dans un tel projet dont le moteur est l’engagement d’un copropriétaire « leader » qui contourne l’organisation formelle. Le vote positif des travaux dépend moins des majorités de vote que d’un long processus d’innovation qui comprend des étapes préparatoires (optimisation de la régulation, audit énergétique) et un lourd travail de montage de projet (communication, recherche d’entreprise, financement, préparation de l’AG). Au final, les choix techniques de la rénovation ne correspondent ni à un optimum technico-économique ni à des modèles standards, mais à des solutions acceptables par les copropriétaires et adaptées aux singularités de l’immeuble.

Etude sociologique sur la gestion du chauffage en HLM : un vecteur d’économie d’énergie ? (thèse 2011)

Afin de faciliter la lecture de la thèse que j’ai soutenue en 2011 « Les conditions sociales et organisationnelles du changements des pratiques de consommation d’énergie dans l’habitat collectif » je vous propose de retrouver son contenu dans des documents séparés plus faciles à appréhender. Chaque partie de ma thèse correspond à une étude à part entière avec une enquête de terrain sur un sujet spécifique. Le document que vous pouvez retrouver ci-dessous est la deuxième partie de la thèse qui porte sur les pratiques de chauffage et la construction sociale du confort thermique.

Télécharger la partie sur la gestion du chauffage en HLM (128 pages)

Résumé

Cette partie de la thèse analyse le système d’acteur de la régulation du chauffage  en HLM pour comprendre les dysfonctionnements vécus par les locataires sociaux, notamment en chauffage collectif (panne, surchauffe…).  Les bailleurs sociaux se concentrent sur le plus urgent (les « épaves thermiques »), ce qui est obligatoire (BBC) et valorisant (EnR) mais délaissent le pilotage, la maintenance et la modernisation des systèmes de chauffage de la majorité du parc. Alors que l’optimisation de la régulation est source de confort et constitue un gisement potentiel d’économies d’énergie, elle est prise dans un « jeu de défausse » qui détourne les acteurs de cet objectif. Les actions entreprises par les bailleurs sociaux (baisse des températures, équilibrage du réseau, individualisation des charges) ont une efficacité limitée car elles se heurtent à une organisation qui segmente les interventions sur le chauffage et focalise le coût du changement sur un seul acteur. Le dernier chapitre traite de la question de la maintenance du chauffage individuel au gaz.

Etude sociologique sur les pratiques de chauffage et le confort thermique (thèse 2011)

Afin de faciliter la lecture de la thèse que j’ai soutenue en 2011 « Les conditions sociales et organisationnelles du changements des pratiques de consommation d’énergie dans l’habitat collectif » je vous propose de retrouver son contenu dans des documents séparés plus faciles à appréhender. Chaque partie de ma thèse correspond à une étude à part entière avec une enquête de terrain sur un sujet spécifique. Le document que vous pouvez retrouver ci-dessous est la deuxième partie de la thèse qui porte sur les pratiques de chauffage et la construction sociale du confort thermique.

Télécharger la partie sur les pratiques de chauffage et le confort (234 pages)

Résumé

Cette partie de la thèse est un focus sur les pratiques de chauffage qui représentent en moyenne 65 % de la consommation d’énergie domestique. Contrairement à l’idée selon laquelle les habitants choisiraient librement leur température de chauffage (19°C…), la recherche montre que le confort repose sur un système de pratiques thermiques dont le chauffage n’est qu’un des éléments. Les besoins en chaleur connaissent de fortes variations sociales et spatiales, et les habitants mobilisent toutes une série de pratiques non consommatrices d’énergie et low tech pour atteindre le confort : gestion de l’endothermie, de la circulation de l’air, et des sources annexes de chaleur. En réalité, les marges de manœuvre des habitants sur l’utilisation du chauffage apparaissent très réduites quelque soit le mode de chauffage. Cette analyse met le doigt sur le « chauffage central » comme norme sociotechnique qu’il est nécessaire de réinterroger dans l’optique d’une transition énergétique.

Etude sociologique sur les usages domestiques de l’énergie (thèse 2011)

Afin de faciliter la lecture de la thèse que j’ai soutenue en 2011 « Les conditions sociales et organisationnelles du changements des pratiques de consommation d’énergie dans l’habitat collectif » je vous propose de retrouver son contenu dans des documents séparés plus facile à appréhender. Chaque partie de ma thèse correspond à une étude à part entière avec une enquête de terrain sur un sujet spécifique. Le document que vous pouvez retrouver ci-dessous est la première partie de la thèse qui porte sur les usages domestiques de l’énergie, hors chauffage.

Télécharger la partie sur les usages domestiques de l’énergie (167 pages)

Résumé

Cette partie de la thèse montre que la sensibilité écologique n’est pas suffisante pour entraîner un changement des pratiques domestiques vers plus de sobriété énergétique. Les modalités d’information sur la consommation d’énergie ne permettent pas le développement d’une véritable « réflexivité énergétique » nécessaire au changement. La consommation d’énergie s’organise autour des activités de la vie domestique qui fonctionnent chacune selon des logiques variées et imposent des contraintes sociales, symboliques et matérielles à la réduction des consommations. Malgré les tactiques d’économies d’énergie bricolées par les habitants, il existe une incertitude forte sur l’effectivité des économies engendrées qui se retrouve également dans les controverses technoscientifiques. Au final, les répertoires de « gestes verts » n’apparaissent pas à la hauteur de la révolution domestique, comparable à celle des Trente Glorieuses, et qui reste à mener.