Communication sur la rénovation thermique des copropriétés (Toulouse, octobre 2012)

Voici la présentation et le résumé d’une communication que j’ai faîte lors des 1ères journées internationales de sociologie de l’énergie (programme), qui se sont tenues à Toulouse le 25 et 26 octobre 2012.

Comment se décide une rénovation thermique en copropriété ? Un nouveau mode d’organisation comme condition de l’innovation

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Résumé :

L’objectif de cette communication est de montrer que la transition énergétique dans l’habitat collectif passe par une métamorphose de son mode d’organisation, à travers des cas de rénovations thermiques dans des copropriétés franciliennes. Dans ce segment de l’habitat, la décision de travaux possède la particularité de devoir être votée par une majorité des copropriétaires de l’immeuble, argument généralement convoqué pour expliquer son retard par rapport aux HLM. A travers une enquête de terrain auprès de 22 copropriétés avant-gardistes en la matière, nous avons mis en lumière que cette décision va de pair avec la mise en place d’un modèle de démocratie participative, qui vient compléter le mode de décision officiel basé sur la démocratie représentative.

Dans les copropriétés, le gestionnaire professionnel exerce un rôle de « tuteur légal » sur les copropriétaires, mais c’est en fait la prise d’initiative d’un copropriétaire, se positionnant comme « leader » du projet de rénovation, et contournant le pouvoir du syndic, qui rend possible sa concrétisation. L’innovation que représente la rénovation repose sur un travail d’intéressement des autres copropriétaires et la constitution d’un réseau d’acteurs professionnels compétents. Les choix techniques qui sont réalisés ne dépendent plus seulement d’une rationalité technico-économique abstraite mais repose sur la transformation des contraintes de la situation en opportunités visant à favoriser un vote positif des travaux.

Communication sur la température de référence de 19°C (Toulouse, octobre 2012)

Voici la présentation et le résumé d’une communication que j’ai faîte lors des 1ères journées internationales de sociologie de l’énergie (programme), qui se sont tenues à Toulouse le 25 et 26 octobre 2012.

Les ménages choisissent-ils leur température de chauffage ? De l’injonction des 19°C au système d’action thermique

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Résumé :

Le choix d’une température de chauffage par les ménages s’est imposé depuis quelques années comme un grain de sable dans la mécanique subtile de la performance énergétique dans l’habitat. Cette question  de la température est généralement abordée sous un angle normatif, l’injonction des 19°C prenant la triple forme de prescription comportementale, de règle de droit, et de standard technique. L’objectif de cette communication est de proposer une approche plus descriptive des comportements liés au chauffage, qui se base sur le concept de « pratiques thermiques ». A partir d’enquêtes de terrain réalisées auprès de locataires en appartement, nous démontrerons que l’approche des 19°C repose sur trois hypothèses qui ne résistent pas à l’examen des faits.

D’abord, l’idée que les ménages choisiraient librement la température alors que les usages du chauffage apparaissent comme limités par des dispositifs techniques, des dispositions individuelles et des dynamiques sociales. En réalité, la température est moins un choix que le résultat des contraintes associées à une situation sociotechnique particulière. Ensuite, la vision normative des 19°C présuppose que les besoins thermiques sont uniformes tandis que l’observation met en lumière une grande variabilité en fonction des individus et des processus sociaux, mais aussi des pièces de l’appartement comme le confirme la statistique. Enfin, la focalisation sur la température de chauffage occulte toutes les autres ressources du confort thermique relevant de la sobriété énergétique. La prise en compte de ces pratiques thermiques, liées au corps, à la circulation de l’air, et aux détournements de la chaleur, s’avère essentielle car elles forment système avec les usages du chauffage et questionnent l’idéologie du « chauffage central » héritée des Trente Glorieuses.