Etude sociologique sur les usages domestiques de l’énergie (thèse 2011)

Afin de faciliter la lecture de la thèse que j’ai soutenue en 2011 « Les conditions sociales et organisationnelles du changements des pratiques de consommation d’énergie dans l’habitat collectif » je vous propose de retrouver son contenu dans des documents séparés plus facile à appréhender. Chaque partie de ma thèse correspond à une étude à part entière avec une enquête de terrain sur un sujet spécifique. Le document que vous pouvez retrouver ci-dessous est la première partie de la thèse qui porte sur les usages domestiques de l’énergie, hors chauffage.

Télécharger la partie sur les usages domestiques de l’énergie (167 pages)

Résumé

Cette partie de la thèse montre que la sensibilité écologique n’est pas suffisante pour entraîner un changement des pratiques domestiques vers plus de sobriété énergétique. Les modalités d’information sur la consommation d’énergie ne permettent pas le développement d’une véritable « réflexivité énergétique » nécessaire au changement. La consommation d’énergie s’organise autour des activités de la vie domestique qui fonctionnent chacune selon des logiques variées et imposent des contraintes sociales, symboliques et matérielles à la réduction des consommations. Malgré les tactiques d’économies d’énergie bricolées par les habitants, il existe une incertitude forte sur l’effectivité des économies engendrées qui se retrouve également dans les controverses technoscientifiques. Au final, les répertoires de « gestes verts » n’apparaissent pas à la hauteur de la révolution domestique, comparable à celle des Trente Glorieuses, et qui reste à mener.

Introduction et conclusion d’une thèse de sociologie sur les économies d’énergie dans l’habitat collectif (2011)

Afin de faciliter la lecture de mon travail de thèse soutenue en 2011 « Les conditions sociales et organisationnelles du changements des pratiques de consommation d’énergie dans l’habitat collectif  » je vous propose de retrouver son contenu dans des documents séparés plus faciles à appréhender. Chaque partie de ma thèse correspond à une étude à part entière avec une enquête de terrain sur un sujet spécifique. Le document que vous pouvez retrouver ci-dessous reprend l’introduction générale, la conclusion générale et la bibliographie.

Télécharger l’introduction, la conclusion et la bibliographie

Résumé

Cette thèse de sociologie est une élucidation des problèmes concrets posés aux acteurs par la réduction des consommations d’énergie dans l’habitat collectif. Le point de départ de la recherche est une interrogation sur le comportement des habitants qui constitue aujourd’hui une boîte noire, voire un point de blocage, des programmes de maîtrise de l’énergie (effet rebond, inefficacité du signal prix…). En contre-point des approches technico-économiques, la thèse propose une approche interactionniste de la consommation d’énergie, comme le résultat de la rencontre entre des pratiques domestiques, des objets techniques et des organisations sociales. Elle se place à deux échelles d’observation, d’une part une échelle microsociale avec une description ethnographique des « pratiques énergétiques » et en particulier des pratiques de chauffage ; d’autre part une échelle mésosociale, avec une analyse stratégique des organisations qui régissent les décisions et les modalités de gestion des immeubles.

La conclusion de la thèse invite à renverser le débat public sur les économies d’énergie dans l’optique d’un changement du rapport à l’énergie des habitants dans le bâtiment. La séparation entre les solutions qui relèvent du comportement (sensibilisation, information…) et celles qui relèvent de la technique (rénovation, infrastructure…) conduit à une impasse. L’action sur les économies d’énergie doit au contraire reposer sur l’observation des interactions entre les pratiques, la technique et les organisations. C’est en inventant de nouveaux modes de délibération impliquant davantage les habitants dans les choix concernant les immeubles, que l’on parviendra à faire évoluer conjointement les pratiques et les immeubles vers plus de sobriété énergétique.

 

Etude sociologique sur les campagnes de sensibilisation aux économies d’énergie basées sur les données de consommation

Avec l’arrivée programmée des compteurs communicants, la question se pose de savoir si les nouveaux services de suivi des consommations d’énergie vont permettre un changement de comportements des ménages vers plus d’économie ? Pour répondre à cette question nous avons réalisé, à la demande de l’ADEME et de GrDF, une étude sociologique sur les campagnes de sensibilisation aux économies d’énergie qui mettent à disposition des participants des données de consommation réelles. Je me suis associé avec deux autres sociologues de l’énergie, Jean-Philippe Fouquet et Christophe Beslay, afin de croiser nos expertises et de réaliser simultanément plusieurs terrains d’enquête.

La recherche porte plus particulièrement sur la campagne Famille à Energie Positive (concours de sobriété énergétique entre familles), ainsi que sur des démarches menées en HLM (installation d’un système d’affichage des consommations sur la TV, accompagnement à l’entrée dans un BBC avec plateforme web). A chaque fois nous avons interviewé les porteurs de ces campagnes, mais surtout les ménages participants afin d’éclairer la contribution de ces dispositifs aux dynamiques de changement de comportement. Nous sommes également allés à la rencontre des décideurs territoriaux  (bailleurs sociaux et collectivités locales) pour comprendre comment l’accès à des données consommations agrégées pourrait prendre part à la transformation de leurs pratiques et les aider à mener la transition énergétique.

La synthèse de l’étude permet d’en saisir les grandes résultats sur :

  • l’accompagnement des ménages qui ne peut se limiter à la fourniture d’information mais doit reposer sur trois piliers (cognitif, matériel et social) pour être efficace.
  • le suivi des consommations qui reste difficile à appréhender pour les ménages car l’information est difficile d’accès, abstraite et trop globale.
  • les leviers du changement de pratiques qui montre l’importance du rôle des femmes, des interactions entre pairs et du ludique, des apprentissages techniques, de l’inscription matérielle des nouvelles habitudes…
  • le besoin de nouveaux métiers dans l’accompagnement des usages de l’habitat, ce qui représente un coût trop souvent considéré comme annexe par rapport aux coûts technologiques.
  • la demande des décideurs territoriaux de disposer des données de consommation agrégées pour mieux orienter et évaluer leurs investissements en matière de MDE.

4 leviers sociologiques de la transition énergétique au Grand Lyon et ailleurs… (Mai 2013)

Dans le cadre du Débat National sur la Transition Énergétique, le Grand Lyon m’a invité à participer à une table ronde : « Vers une ville sobre et efficace en 2050 », pour intervenir sur la place du citoyen dans ces changements. A travers deux enquêtes récentes dans cette agglomération, l’une sur l’usage des bâtiments basse-consommation et l’autre sur la campagne Familles à Energie Positive, j’ai eu l’occasion de découvrir la vitalité du territoire lyonnais en matière innovation énergétique. Il n’a donc pas été difficile d’illustrer par des exemples locaux mon intervention sur les principaux leviers sociologiques de la transition énergétique :

  • valoriser les pratiques de sobriété énergétique
  • diffuser la culture technique de l’énergie
  • soutenir les acteurs intermédiaires du changement
  • associer les citoyens à la transformation des infrastructures

Pour aller plus loin vous pouvez lire un article paru dans la Revue d’Urbanisme qui résume le débat, les actes sont aussi consultables, ainsi que l’intégralité de l’événement en vidéo.

Ci-dessous la vidéo de mon intervention (14 minutes)

Une interview croisée avec d’autres intervenants.

 

Etude sur l’accompagnement au changement de comportement dans le cadre des ateliers Nesting de santé-environnementale

Au cours de l’année 2012, j’ai eu l’occasion de participer au comité de pilotage d’une étude réalisée par la consultante Lara Mang-Joubert, dans le cadre des chantiers de Leroy Merlin Source.  Il s’agit d’une évaluation du dispositif des ateliers « Nesting » de santé-environnementale portée par l’association WECF France présidée par Anne Barre. Ces ateliers visent à sensibiliser les parents et les professionnels à l’impact des pollutions intérieurs sur la santé des enfants et de l’ensemble de la famille. Cette première initiative a donné lieu à un programme de formation des professionnels de santé ainsi qu’à des ateliers thématiques « Ma maison, ma santé« .

L’objectif de l’étude est d’analyser dans quelle mesure la participation aux ateliers aboutit à des changements de comportements effectif chez les parents. La recherche s’appuie pour cela sur différentes méthodes sociologiques : observation participante des ateliers, entretiens avec les animateurs, entretiens par téléphone avec des participants, questionnaire un an après l’atelier. L’étude met en lumière l’intérêt suscité par les dispositifs participatifs comme l’atelier par rapport à des supports froids comme les guides, les sites internet…   Un autre point fort de la recherche est de défricher le sujet des pratiques domestiques ayant un impact sur la santé, un enjeu qui n’a pas encore l’audience des questions énergétiques mais cela ne saurait tarder !

Le rapport d’étude est disponible en ligne, je vous recommande tout particulièrement la lecture de la seconde partie qui propose des résultats originaux sur les comportement liés à la santé dans l’habitat.

Communication sur la température de référence de 19°C (Toulouse, octobre 2012)

Voici la présentation et le résumé d’une communication que j’ai faîte lors des 1ères journées internationales de sociologie de l’énergie (programme), qui se sont tenues à Toulouse le 25 et 26 octobre 2012.

Les ménages choisissent-ils leur température de chauffage ? De l’injonction des 19°C au système d’action thermique

Présentation en PDF

Résumé :

Le choix d’une température de chauffage par les ménages s’est imposé depuis quelques années comme un grain de sable dans la mécanique subtile de la performance énergétique dans l’habitat. Cette question  de la température est généralement abordée sous un angle normatif, l’injonction des 19°C prenant la triple forme de prescription comportementale, de règle de droit, et de standard technique. L’objectif de cette communication est de proposer une approche plus descriptive des comportements liés au chauffage, qui se base sur le concept de « pratiques thermiques ». A partir d’enquêtes de terrain réalisées auprès de locataires en appartement, nous démontrerons que l’approche des 19°C repose sur trois hypothèses qui ne résistent pas à l’examen des faits.

D’abord, l’idée que les ménages choisiraient librement la température alors que les usages du chauffage apparaissent comme limités par des dispositifs techniques, des dispositions individuelles et des dynamiques sociales. En réalité, la température est moins un choix que le résultat des contraintes associées à une situation sociotechnique particulière. Ensuite, la vision normative des 19°C présuppose que les besoins thermiques sont uniformes tandis que l’observation met en lumière une grande variabilité en fonction des individus et des processus sociaux, mais aussi des pièces de l’appartement comme le confirme la statistique. Enfin, la focalisation sur la température de chauffage occulte toutes les autres ressources du confort thermique relevant de la sobriété énergétique. La prise en compte de ces pratiques thermiques, liées au corps, à la circulation de l’air, et aux détournements de la chaleur, s’avère essentielle car elles forment système avec les usages du chauffage et questionnent l’idéologie du « chauffage central » héritée des Trente Glorieuses.

Thèse de sociologie sur les économies d’énergie dans les logements collectifs (2008 – 2011)

Les conditions sociales et organisationnelles du changement des pratiques de consommation d’énergie dans l’habitat collectif

  • Dirigée par Dominique Desjeux, Université Paris Descartes,
  • Financement CIFRE – GDF Suez,
  • Soutenue à la Sorbonne en Septembre 2011.

Résumé (2 pages)
Synthèse (8 pages)
Manuscrit (847 pages)

Cette thèse de sociologie est une élucidation des problèmes concrets posés aux acteurs par les économies d’énergie dans l’habitat collectif. Elle repose sur une démarche de recherche inductive menée à partir d’enquêtes de terrain auprès d’habitants et de professionnels de l’habitat et du chauffage. L’idée centrale est de montrer comment, au delà des facteurs techniques et économiques, la consommation d’énergie dans l’habitat est une construction sociale et organisationnelle. A partir d’une description ethnographique des pratiques domestiques entraînant une consommation d’énergie, et plus particulièrement des pratiques de chauffage, elle montre que les marges de manœuvre des habitants au niveau de l’espace domestique sont limitées par de nombreuses contraintes. L’analyse organisationnelle de la gestion du chauffage en HLM et de la rénovation énergétique en copropriété fait apparaître les conflits d’intérêt entre les acteurs professionnels au sujet des économies d’énergie. Une véritable réduction des consommations d’énergie devient possible quand les habitants ont la possibilité de participer aux choix collectifs concernant leur immeuble.